Mon Post-Partum

Post-partum & maternité à l’étranger

Mon post partum.

Je m’appelle Coralie, j’ai 34 ans et je suis la maman de Eliott (5 ans) et Arthur (1 an et demi). Dans ma première vie comme j’aime à le dire j’étais auxiliaire de puériculture en maternité (suite de couche) et dans cette nouvelle partie de ma vie je suis une mère de famille expatriée.

Nous sommes expatriés depuis maintenant 6 ans. Il y a 6 ans nous avons emménagé à Gênes en Italie. Après 8 mois en Italie nous avons découvert que j’étais enceinte. Notre situation était compliqué, j’avais déjà fait deux fausses couches et nous voulions un enfant depuis plus de 3 ans et demi. Pour moi à ce moment là, impossible d’y croire.

Mon premier trimestre a été difficile. Mentalement j’étais en attente d’une nouvelle fausse couche et physiquement je vomissais beaucoup. J’ai perdu pas loin de 10 kg. Puis la tête a commencé à y croire et le corps aussi, le ventre est sortie en une nuit.

Le reste de ma grossesse a été parfait, sans aucuns maux de grossesse. Je me sentais super bien. Le suivi de grossesse en Italie ressemble grosso modo à celui en France.

Mon fils est venu au monde a 37semaines + 6 jours. On était pas prêt du tout …. et c’était cool. Pas le temps d’y réfléchir, on était déjà dans le wagon des montagnes russes. Au début l’accouchement a été très rapide puis plus rien pendant des heures. Je suis restée en vrai travail presque 15h. J’ai eu droit aux hormones, à l’arrêt de la péridurale plusieurs fois, la poche des eaux percées manuellement… rien ne faisait avancer le bébé qui était comme bloqué. Moi même j’étais passive et j’écoutais ce qu’on me disait. J’étais à deux doigts de la césarienne, quand Eliott est venu au monde.

L’accouchement est plus naturel en Italie et certains protocoles sont différents, comme par exemple la péridurale (moins forte et qui ne dure qu’un moment, l’anesthésiste doit alors revenir pour une nouvelle dose et ne peut pas trop en faire).


Le lendemain j’ai commencé à me plaindre de grosses douleurs, personne ne m’a regardé pendant 3 jours. J’avais l’impression d’être une chochotte mais je continuais à dire à chaque personne que j’avais très mal. Avant de partir j’ai quand même vu une sage femme et un médecin qui ont été choqués par mon état physique. Ils m’ont prescris des médicaments pour passer cet étape. Je trouvais que les mamans étaient déjà des warriors mais là encore plus.


Pourquoi il n’y avait que moi qui ne pouvait pas marcher ? M’asseoir pendant des semaines ? Je suis sans langue de bois et pourtant autour de moi personne n’avait vécu ça, personne ne se plaignait et personne ne comprenais que j’étais si traumatisée par ce qui venait de se passer. 

Six mois plus tard je voyais un médecin et une physio pour la réeductation du périnée et ils ont découvert encore un hématome à l’intérieur. La physio m’a expliqué que si quelqu’un l’avait vu, ils auraient incisé tout de suite pour permettre au sang de partir et pour éviter les hématomes. 

Avoir un enfant en expatriation c’est encore plus difficile. Tu es encore plus seule pour tout gérer, sans pause. A ce moment là j’aurais eu clairement besoin de quelqu’un pour m’aider entre deux biberons, pour une douche, une sieste… De quelqu’un qui aurait pu m’aider à faire le ménage, ou m’apporter des tups remplis de vrai repas. Dans quelques de pays dans le monde les femmes reçoivent de l’aide pendant 40 jours. J’aurais beaucoup aimé pour me laisser le temps de m’en remettre et rentrer pleinement dans ce nouveau rôle de mère.

Pour mon deuxième fils nous étions aux Pays-Bas. J’ai été suivie tout ma grossesse là-bas. Les trois premiers mois ont encore été difficile. J’ai moins vomi mais j’avais de forte nausées de midi à 19h. A 3 mois et demi ils ont découvert une incompatibilité sanguine entre moi et le bébé  et que mon corps créait des anti corps contre le sang du bébé.   Ce n’était pas un problème avec le rhésus principal mais un secondaire. Le problème c’est que si les anti corps augmentait  trop tôt ça pouvait anémier le bébé.

J’ai vécu ma grossesse avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête. Je devais aller régulièrement à l’hôpital pour des contrôles. J’étais suivie à l’hôpital (contrairement à  la sage femme pour une grosses classique) qui appelait tout le temps le spécialiste du pays comme c’était un cas rare (voir nouveau car le test n’est fait au pays-bas que depuis 6 ans).

Aux Pays-Bas environ 1/3 des femmes accouche à la maison, sinon en salle de naissance ou à l’hôpital. Je n’avais pas le choix il fallait que j’accouche à l’hôpital et renoncer à mon accouchement dans l’eau. Moi qui rêvait de tout choisir et d’être moins passive.

Mon ventre était très lourd et j’avais beaucoup de contractions à la fin. Pas mal de petit maux de grossesse que j’avais éviter jusque là. J’avais fait un plan de naissance avec mon mari : je voulais marché le plus possible, danser et je voulais qu’il m’énerve au moment de pousser pour faire sortir le bébé plus vite. 🙂

À la fin de la grossesse les anti corps ont augmenté, j’étais encore plus suivie. Du coup à 38 semaines l’accouchement a éte été déclenchée pour protéger le bébé. Je n’ai pas du tout aimé avoir rendez-vous avec mon accouchement. Tu ne fais que y penser, tu ne vies plus et tu perds le coté « décision naturelle ».

Je ne savais pas qu’un déclenchement de zéro était plus douloureux. Mon corps réagissait bien aux produits et j’ai fait une partie du début de travail dans une baignoire. Le rêve. C’était génial. Mais je n’étais pas assez dilatée. Il y avait deux options: soit ça avançait un peu et le bébé arrivait dans la nuit, soit ils me donnaient un médicament et je dormais pour reprendre le lendemain matin.

Une heure après il y a eu un changement de personnel qui m’adit qu’on pouvait rompre la poche des eaux. Beaucoup trop tôt. Je ne savais pas. Ça, plus la douleur, mon corps entrait en état de choc à chaque contractions. Je suis passé de 3 à 10 trop rapidement. J’ai fait appeler l’anesthésiste pour m’aider mais il était occupé. Le temps qu’il soit libre j’étais à 7 et je pouvais obtenir de la morphine pour diminuer la douleur. Au lieu de 10/10 au niveau de la douleur, ça diminuait à 8. Alors j’ai choisis ça.Et ça m’a aidé. J’étais très douloureuse mais mon corps n’était plus en état de choc. À deux fois pendant le travail elles m’ont donné un produit pour ralentir le rythme de l’accouchement parce que ça allait trop vite. Pour moi et le bébé. Ça devait me donner 15 min de pause.

Mais ça n’a pas marché, les deux fois. La sage femme a du arrêter la morphine pendant la poussé. Heureusement Arthur est venu très vite. J’ai eu quelques points de suture  pour aider et pour mes hématomes.

Aux Pays-Bas quand tout vas bien après l’accouchement tu rentres chez toi, soit environ 4 heures après l’accouchement. Tu es aidé 8 jours á la maison par une professionnel appelé Une Kramzorg. Du coups après mon accouchement j’ai été tout de suite très et trop sollicitée pour les soins. la douche. la mise sur le fauteil roulant … Je n’ai pas trop eu de moment avec mon fils. Mon mari en a profité lui. Une fois dans la chambre par contre on était des vrais rois. Chouchouter par tout le monde.

La chambre ressemble a un hôtel et tout le monde nous aide. On ne fait rien et mon mari a pu rester confortablement. Nous étions très suivie. J’ai quand même fait une grosse réaction mais qui a été très suivie et pas du tout minimisée par les soignants. Nous avons du rester quelques jours à l’hôpital et j’étais vraiment en « convalescence ».

Arrivé à la maison il y avait cette Kramzorg qui venait tous les jours. Elle est là de 4 à 8 heures par jours ( en fonction de ton choix et de tes moyens) pour t’aider à s’occuper de toi (repas, épisio, température…), du bébé ( poids, allaitement, bain…) mais aussi de ton environnement (autres enfants, linge, aspirateur….). Une aide précieuse. J’ai pu me consacrer uniquement à mon corps et à mon bébé. Je trouve le concept très sympa et utile. D’après les articles que j’ai lu cela a été fait pour des raisons économiques : une journée avec une kramzorg est moins chère qu’une journée d’hospitalisation. Et pourtant je trouve ça plus intéressant pour des parents d’avoir 100% quelqu’un dans son environnement plutôt que 10% de quelqu’un d’occupé à l’hôpital. Surtout d’avoir la même personne toute la semaine.

Je me sens chanceuse d’avoir eu toutes ses connaissances avant d’avoir eu mes enfants. D’avoir investi et aimé rapidement mes garçons. De ne pas avoir eu de grosse descente d’hormones. Je sais à quel point cette période peut être difficile. Pourtant j’en garde un super mauvais souvenir de ses post partum parce que les douleurs étaient Invivables, 24/24, pendant trop longtemps.

Je pense qu’il y a eu une vrai évolution dans l’image du post partum. En 2016 j’étais seule au monde. Tout le monde me jugeait, me traitait de chochotte et dans les moments plus intimes les gens m’en parlaient un peu. J’étais la seule à me plaindre du manque de considération, d’information et d’aide. Je serais sans filtre moi. Par contre avec mon deuxième accouchement, je me suis rendue compte en 2020 que les langues se délient. Qu’il y a de plus en plus d’articles, de podcasts….

Le chemin n’est pas fini. On devrait revoir tout le système de santé autour du désir d’enfant, de la grossesse et du post partum avec par exemple des cours de préparation au post partum, l’environnement de la famille, la place du père, les désirs d’accouchement…Je me suis promise depuis mon premier fils de tout expliquer, tout raconter… Informer.  Les gens autour de moi ne sont pas toujours ouvert à l’entendre mais quand leur bébé est là mon discours fait écho et ils reviennent vers moi pour en discuter. Quand aux d’autres ça leur parle déjà et les prépare cet étape importante.

Dans le monde des expatriés c’est encore plus compliqué de faire le trie dans les informations et les pratiques entre le pays de naissance, d’adoption ou du conjoint.

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